
vers le site de la galerie
Les artistes vous remercient d'être venu si nombreux au vernissage de leurs oeuvres
L'exposition sera ouverte jusqu'au 5 novembre 2011

| Paru dans les AFFICHES MONITEUR par ONDINE |
FINI DE JOUER ! Gérald Wagner et Anémone de Blicquy à la galerie No Smoking
Il était une fois, des symboles et des corps… Il était une fois, un désir d’être… Mais…Quelle réalité dans tout ça ?! …Allons… « Fini de jouer ! ».
« Fini de jouer ! » est le titre choisi pour l’exposition proposée en ce moment à la galerie No Smoking réunissant les artistes Anémone de Blicquy et Gérald Wagner. L’un en développant par le biais d’un papier de 300 grammes d’épaisseur, une recherche sur le vide et la lumière, et la seconde explorant la mise en scène de l’image en photographie et par des créations de vidéos-poèmes, tous deux content la même histoire : la métamorphose de notre société contemporaine en perte de repères. A la lisière de l’horreur et du merveilleux, du symbole rattaché jusque-là à une valeur sociale et redevenu simple image à laquelle on a rendu la beauté originelle, la vie, sous toutes ses formes, qu'il s'agisse d'objets créés par l'homme, d'animaux, vivants ou morts, tout ce qui existe, est vu, à nouveau, à la naissance du premier regard. Ce regard devant l'objet quotidien est comparable à une décision philosophique, une prise de position devant un monde dé-spiritualisé. Pour Gérald Wagner, il s'est agi de dématérialiser l'image, l'image représentant des symboles de notre société assoiffée de pouvoir et d'argent, comme le dollar, la couronne, ou de reprendre des objets traditionnellement représentés à travers la thématique des vanités dans l'Histoire de l'Art comme les instruments scientifiques, (lunettes astrales, globes, crânes etc...) ou encore des animaux symbolisant le caractère éphémère de notre vie sur terre comme le sphinx à tête de mort (papillon de nuit portant le dessin d'un crâne sur son abdomen). Ces images remises au monde sur la table rase du plasticien, paraissent comme inversées, les négatifs neutres ou les négations des symboles vides tels que la société les avait métamorphosés; car G. Wagner ne les dessine pas, ne les recopie pas, il use d'un patron et pique comme s'il les brodait, mais à la force de coups de poinçons, les points constellés par les lignes d'un dessin invisible, la nouvelle image que la lumière laissera deviner. Ces images nées une seconde fois de leur vide, vidées de leurs significations éteintes ou mortes, noyées dans notre société faiseuse d'images, sortent de leur absence, et mettent au monde un nouveau sens, se détachant en se retirant de la matière, rompant ainsi avec la matérialité puisque le dessin est éliminé, peut-être purifié par le vide, créant une ouverture se frayant dans le papier, un passage pour la vie et la lumière. Y-a-t-il une signification chrétienne à voir dans ce chemin épineux où la douleur suggérée du papier percé de trous rappellerait celle de la peau d'un corps christique symbolique mise à l'épreuve pour atteindre à la lumière ? Il y a en tout cas, un désir sensible de retrouver les valeurs simples, la nostalgie d'un regard poétique ou spirituel sur le monde. Nouvelles icônes, ces petits formats encadrés de noir dont on a retiré ce qui limitait l'image, sa ligne dessinée, s'élèvent, hors des lignes et frontières mentales du monde, vers une sphère céleste atemporelle, universelle. Les images se sont laissées profaner pour laisser voir un invisible, une signification dansante, une élégance loin de la pesanteur à laquelle on les avait associées jusqu'à présent. D'autres images, plus grandes (100/130 cm), sont enroulées sur elles-mêmes comme des papyrus et tournoient, immobiles, avec élégance dans la lumière : squelette, arbre mort, ou système nerveux du corps humain. Les photographies couleur d'Anémone de Blicquy, quant à elles, redonnent vie aux corps entreposés des animaux des réserves du musée zoologique de Strasbourg. Visibles par transparence à travers les sacs où on les garde enfermés, les animaux retrouvent des expression d'animaux en fuite dont on a soudain arrêté la course, ils sont habillés comme des princes, vêtus de linceuls sales, de lumières tristes...Ils semblent tantôt sortis d'un conte de fée ou tirés hors d'une histoire d'horreur. Ces atmosphères fantastiques que dégagent ces images de mort, nous glacent le sang comme ils nous ravissent_ils créent le chemin de la vie à la mort pour l'inverser à nouveau, encore et encore... La transparence des sacs de conservation des animaux du musée, les perforations du papier laissant passer la lumière, tendent le même miroir, devant le même constat d'un monde en crise où pourtant, l'on ne cesse de continuer à jouer. Quelles seront les valeurs de demain ? Où en sommes-nous de notre rapport à Dieu ? Donc aux hommes, à la terre...? Alors, on joue encore ?! L'illusion et la fuite en avant se marièrent et firent ensemble beaucoup d'images. Fin ?
Ondine (« Fini de jouer ! » à la galerie No Smoking, 19, rue Thiergarten à Strabourg jusqu'au 5 novembre 2011) |